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Moz'Art

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Le poète doit être moderne

jeudi 10 février 2011

S'offrir quand tout se vend.







On demande des pièces de viande, hachées quoi qu’entières, dans les années 1900 la mode était aux grosses..

A présent, il vaut mieux avoir une maigre au bras.

Prochaine étape : Avoir le plus de sauce tomate dans ses spaghettis.

Mais tout ça c’est n’importe quoi :

L’anarchie et ses rêves de supermarchés..

Être punk, c’est être une tapette, une merde, il vaut mieux être comme tout le monde, pas d’emmerdes, un chien, une maison, quelques enfants (pas trop).

Débarrassez vous de vos valeurs, elles ne sont plus obligatoires ni même utiles.

Pour une fille : Écarte les jambes et ton avenir professionnel sera sûr..

Mais pas trop non plus.. Ça pourrait être gênant.

Pour un garçon : Plus tu fais le dur, mieux c’est, soit un parfait connard et tu auras toutes les filles à tes pieds.

Vaut mieux avoir du fric aussi. Demande à papa et maman une avance sur l’héritage.. On sait jamais..

Ah.. J’oubliais.. C’est cool d’avoir un groupe, il suffit de reproduire ce que le précédant à fait et t’es sûr d’être pris.

C'est bien d'aller en boîte, aussi, tu te dandines, t'attires l'œil puis tu tires un coup, vite fait, bien fait.

Mais avant faut pas oublier de faire boire ceux qui t'intéressent, c'est plus facile.

Plus tu lâches de "fuck", plus ça le fait. C'est ça le Rock n' Roll, hein ?

Le look est super important : Tu copies la mode (surtout pas de variances).

Bonne nuit les petits.. Sortez vos pailles, le marchand de sable va passer..

Faster, Pussycat ! Kill ! Kill !







Hey darling ! Moi j'aime les hommes, pas les petits garçons..
Si tu as des couilles, attend toi à ce que je te les brise..
Moi j'aime le cuir véritable et je veux du sang pas de la sauce tomate !
I am a royale girl.
Ce n'est pas un événement que je veux créer..
...C'est la 3e guerre mondiale !

Et on conclut avec une hymne.. (Fatal, non ?)




jeudi 27 janvier 2011

Ces gens là






“Faut pas jouer les riches quand on a pas le sous”.

D’abord il y a l’apéritif, puis l’amuse bouche, puis l’entrée, le plat principal, le fromage, la salade, le dessert, le thé et les gâteaux.

On parle bouffe, la bouche pleine.

La toute vieille qui à l’autorité, dominante sûre.

Le fils Rabat-joie, la fille, petite vierge à moustache.

Le vieux paralysé, qui cause pas.

On parle du temps, de la voisine qui s’envoie en l’air, même qu’il paraît que sous son manteau d’hiver, elle est nue.

Évidemment y a la santé du chien en sujet principal, a t-il bien dormi dans son nouveau panier ?

Son œil pleure, aurait-il un cancer ?

Et ça sent le désinfectant, la vaisselle dans le lave-vaisselle, la petite nappe, les masques africains (même si on a jamais été en Afrique) et les chaussons à l’entrée.

La rancune est présente, on soupçonne le père d’avoir eu une relation, d’avoir trop bu.

La sœur de la vieille a piqué le fric du grand-père et la dernière est morte.

Les études sont pour eux la réussite, c’est vrai qu’ils se sont arrêtés à 14/17 ans, à bosser dans des usines, la nuit et les betteraves qu’il fallait couper.

Les enfants ont joués du violon, de la clarinette, même qu’ils étaient doués..

Puis y a le grand, qui a pendant un temps, tabassé sa gosse, sa femme.

Séquestré sa petite, admirablement.

Pas de posters, un bureau, un lit, une chaise.

Des listes de tâches à faire : Ménage (impeccable), devoirs.

Pas de vacances. Pas d’amis à la maison. La télé en boucle.

La mère qui dit rien, approuve tout sans l’ouvrir.

Les questions incessantes :

“Que fait cette enveloppe dans ton cartable ?

- Je ne sais pas.

-Répond, dis la vérité ou je t’en colle une”

Baffe. Livres confisqués. Chaise brisée.

Oppression garantie.

Blank Generation.

La grande maigre qui dit rien, se contente de shoots médicamenteux.

Le reste, c’est de la branlette.

“Tu t’en vas ?

- Oui.

- Tu t’en vas comme ça ? Tu ne m’embrasses même pas ?

- Non. J’ai pas le temps.

- Ah ok, t’es comme ça toi ? Tu te tapes un mec puis tu te casses ?

- Exactement.

- T’es vraiment dégueulasse.

- Ça veut dire quoi dégueulasse ?”

“T’es encore défoncée, toi.

- Tu peux parler, t’as les yeux explosés.

- C’est la fatigue.

- C’est ça.”

Je crois qu’elle voulait juste être libre, au moins une fois dans sa vie.

Elle rêvait voyages, spleen, errance.



jeudi 23 décembre 2010

Qu'est-ce que l'amour, dis moi ?





"Un jour on se trouvera et tu sécheras toutes mes larmes et tu me murmuras de douces, de petites choses à l'oreille, tu m'enlaceras et là m'embrasseras, ah, tu me manques, homme d'amour, ah, où peux-tu être.."

Billie Holiday.


"Verlaine rencontre Rimbaud"
C'est ce qu'il a dit la première fois.
J'ai rencontré un fou, comme dans les livres mais en vrai, il marchait l'air de rien.
Pierrot le fou.

J'ai rougis, l'ascenseur était petit.
Il m'a baisé la main et je me suis précipitée dehors, fuyant ses lèvres. J'avais peur.

L'autre soir il me regardait, les larmes aux yeux :
"Mais tu sais bien que je t'aime, j'ai songé à t'abandonner mais jamais (oui, jamais) je n'ai pu te laisser".
A ce moment là, je le détestais.

Il me paye le taxi, les cigarettes en vrac.
Il adore les cendriers et je suis presque jalouse de cet objet auquel il tient.

Je lui avais volé un journal, je voulais garder son écriture.

Il s'était fait mal, des coups au visage :
"Une crise d'angoisse".
Pas un mot de plus ou des détails flous.

Il m'avait menti et j'attendais en bas de chez lui (sans l'avoir prévenu), furieuse, vociférant :
"C'est bon de toute façon j'ai l'habitude de dormir dehors, je m'en fiche, va t'en !"
Il m'a suivi :
"Tu es folle".
J'ai souri, on est rentré. J'ai voulu dormir sur le tapis, j'ai fini sur le canapé, humiliée et fumante.

Il était désolé presque affolé par mon état et j'en jouais. Consciencieusement.
"Il y avait Gainsbourg et des tas de vitrines illuminées. J'avançais rêveuse. L'homme sortit de l'ombre, menaçant".
Lorsque je lui racontais, je riais presque. Euphorique du choc passé.
Un homme m'avait agressé sous ses fenêtres :
"J'appelle la police. Je vais voir la concierge. J'appelle dix amis qui vont lui casser la gueule, moi. Je le tue".
Et je hurlais, à demie hilare :
"Tais-toi ! Ferme là, je te dis !"

Le matin, c'est café/cigarettes, la coutume, notre éveil.

Il m'a toujours considéré comme une héroïne :
"Pour moi, il n'y a pas de demie mesure. Soit on est un génie, soit on est rien et toi tu es un génie".
Là, il méritait une gifle. Je n'avais pas envie d'argumenter sur le fait que ses dires étaient sots et niais et il en profitait.

Il voulait faire l'amour, pas moi. Je n'étais pas d'humeur, alors l'air de rien j'ai lancé :
"Je suis pour l'abstinence sexuelle. Ça m'inspire".
Sa tête était à mourir de rire. Il a pris un petit ton narquois :
"T'es qu'une sale gamine".
Il savait que ça me toucherait. Et j'ai boudé.

Il devait passé chez moi, avant de rejoindre des amis.
Il est arrivé, les yeux exorbités, pâle et bégayant l'absolu.
Il m'énervait, alors le prenant à part, je lui ai dit :
"Je me sens bizarre. Ça faisait un moi que je n'avais pas couché avec un gars.. Tu sais, l'ami dont je te parlais ? Il était là, il y a quatre heures".
Silence.
C'était dur à avaler mais j'avais envie de le secouer.

Il m'avait dit que notre amour était libre et qu'il ne me considérait pas comme sa copine :
"Tu m'as appris une nouvelle forme d'amour et je crois en toi. Je lutte contre ma jalousie car tu ne m'appartiens pas. Je ne veux pas te perdre".
Mais notre amour, qu'est-ce ? On se voit une fois par mois ou chaque jour.
Pas de nouvelles ou trop.

L'hiver pesait sur Paris. Il pleuvait. Je dormais chez lui.
J'avais pris l'habitude, le soir, de m'asseoir nue sur le rebord de la fenêtre pour lorgner les passants et il me regardait, angoissé :
"Descend de là, tu me fais peur".
Et je me mettais debout, renversant la nuque au vide, riant de le voir ainsi.
Je ne descendais qu'après de maintes plaintes de sa part, me réfugiant aussitôt dans ses bras.

On s'était promené dans un parc, il m'avait acheté des fraises. Il y avait une église et il m'a parlé de ses voyages à Jérusalem :
"C'est saint. Une femme m'a dit que j'étais l'Élu".
J'ai haussé les sourcils :
"L'Élu de quoi ? De la connerie crucifiée ?"
Ça le choque toujours lorsque je critique la religion.
Une fois je lui ai écrit un petit poème arrogant :

Le sourire est derrière l'abîme
Et Dieu donne à boire à ses ivrognes
Miséricorde, soyez clément en l'infirme !
Misérable sentinelle, priez pour le borgne !

Que de crucifix pour de si pâles regrets..
Serait-ce une Foi illusoire et molle ?
Cette aura meurtrière n'est qu'amour erroné
Et de son toit arqué la démence se colle !

De toute façon, nous ne sommes pas du même Monde.
Il est aristocrate, moi, fille du Peuple. Bernard et Julie.
Il n'y a qu'à comparer nos chambres :
La sienne est pâle; quelques dessins; une bibliothèque bien rangée; des cendres dans le lit; des paquets de nourriture, divers; des traces de son enfance; quelques objets historiques et beaucoup de mal être confortable.
La mienne est un château ambulant; des immeubles de romans noirs; trop de poésie et beaucoup d'icônes. Les toiles, c'est accessoire.

Il n'y a que lui qui l'appelle
Quand les autres la martèlent
Il pourrait ranimer l'étincelle
Pour qu'elle devienne belle
C'est comme le premier jour
Avant qu'on est fait le tour

Un jour, je lui ai dit :
"Te rappelles-tu de notre rencontre ? Ce jour grisâtre et tes dires ?
"Verlaine rencontre Rimbaud"
Mais Verlaine a tragiquement blessé Rimbaud. Tu savais bien au fond, que cela finirait ainsi. J'ai soif d'amour, un blé au coin des lèvres. Ne me retiens pas".

The End.

mercredi 1 décembre 2010

"Je disparaîs toujours dans des tempêtes de neige"




A lors d'une aube nouvelle, scintille le vent

Un voyageur ailé, pâle du mal souffert, dort.

Les feuilles d'Automne se terrent divinement

Et c'est dans ses bras d'acier que l'étranger est mort.


Le ciel larmoie, sa tristesse noie les passants,

D'une plaie languissante, un venin coule à flot.

Serait-ce le fruit de l'Humanité, hurlant ?

Et sa germe, une racine du berceau des sanglots ?

Et des bas fonds, pourrissants, geint une soif Liberté

Le chaos se mêlant à ses vives révoltes

Seule l'anarchie sublime l'idéal raté.

Des êtres stupides se pensent livides

Avides de lâcheté et pendus de rêves

Le rire débile, des vers grouillent leurs bides

Et c'est dans la terreur que bave leurs sève

Le bleu du sol se confond en un nid de glace

L'ère est au froid et au vent, le temps est à l'Hiver

Chaque flocon tombe tel une arme de guerre

Et le rose du ciel gifle doucement la terre

Un souffle sillonne les pâles avenues

Le peuple cri famine, enveloppé de nuées

Le visage essoufflé, vert et la nuque nue

Dans les rues de Paris, la mort coule sur les pavés.


Photographies by Anton Deneke.





Marilu

Ma photo
Être photographe, c'est être modèle. Être modèle, c'est être photographe. On ne fait que participer à la création de l'Art.

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